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Coucou IA

décryptagePar Jérôme Desmares11 min de lecture

n8n ou Make : comptez vos étapes avant de choisir

Le choix entre n8n et Make se joue sur l’unité de facturation. n8n compte un passage complet du scénario, quel que soit le nombre d’étapes. Make compte chaque étape. À partir de quatre étapes, le même automatisme bascule d’un côté ou de l’autre, et le calcul prend deux minutes.

À retenir

  • n8n facture une exécution par passage complet d’un scénario, quel que soit le nombre d’étapes : son plan Starter inclut 2 500 exécutions pour 20 € par mois facturés à l’année (page de prix de n8n, relevée le 5 octobre 2026).
  • Make facture un crédit par action de module, soit une étape : son plan Core inclut 10 000 crédits pour 12 $ par mois (pages de prix et d’aide de Make, relevées le 5 octobre 2026).
  • Un scénario de N étapes déclenché R fois par mois consomme R exécutions chez n8n et N × R crédits chez Make. Sous quatre étapes, le plan d’entrée de Make absorbe plus de déclenchements que celui de n8n. Au-dessus de quatre étapes, c’est celui de n8n.
  • n8n s’auto-héberge dès l’édition Community gratuite, sous Sustainable Use License, pour les besoins internes d’une entreprise. Make ne s’auto-héberge pas en dessous du plan Enterprise, qui propose un agent sur site.

Ce que vous achetez : un passage d’un côté, chaque étape de l’autre

« n8n ou Make ? » C’est la question qu’on me pose le plus souvent en rendez-vous, juste après « par quoi on commence ». La réponse tient dans le compteur. n8n compte un passage complet du scénario. Make compte chaque étape. L’interface et la prise en main pèsent moins lourd que cette seule différence.

Les deux éditeurs le définissent noir sur blanc. Sur la page de prix de n8n, relevée le 5 octobre 2026, une exécution est « a single run of your entire workflow. It doesn’t matter how many steps are in the workflow or how much data it processes » : un seul passage de votre scénario entier, quel que soit le nombre d’étapes et le volume de données traité. Sur la page d’aide de Make sur les crédits, relevée le même jour : « Each module action in your scenario, like adding a Google Sheet row or fetching Gmail account data, counts as one credit », et « By default, 1 operation equals 1 credit ». Le mot « crédit » a remplacé le mot « opération » comme unité de facturation de Make.

Prenez un scénario qui lit une réservation, la range dans un tableur, crée une tâche et envoie un message. Cela fait quatre étapes. Chez n8n, chaque réservation consomme une exécution. Chez Make, chaque réservation consomme quatre crédits. Le travail est identique, les compteurs diffèrent.

Ces deux outils font de l’automatisation : des étapes fixes, déroulées dans l’ordre que vous avez décidé. La différence entre automatisation et IA pèse sur le compteur dès qu’un modèle entre dans le scénario.

Le calcul qui tranche en deux minutes

Posons N le nombre d’étapes d’un scénario et R le nombre de déclenchements par mois. Chez n8n, vous consommez R exécutions. Chez Make, vous consommez N × R crédits.

Les plans d’entrée donnent les plafonds. Le Starter de n8n inclut 2 500 exécutions, donc il tient jusqu’à 2 500 déclenchements, quelle que soit la longueur du scénario. Le Core de Make inclut 10 000 crédits, donc son plafond vaut 10 000 divisé par N déclenchements. À quatre étapes, les deux plafonds se rejoignent : 10 000 divisé par 4 donne 2 500.

Règle des quatre étapes4 étapes

À quatre étapes par scénario, les plans d’entrée de Make (10 000 crédits) et de n8n (2 500 exécutions) plafonnent au même nombre de déclenchements : 2 500. Pages de prix relevées le 5 octobre 2026.

  • Sous quatre étapes par scénario : le plan d’entrée de Make absorbe plus de déclenchements que celui de n8n.
  • Au-dessus de quatre étapes : le plan d’entrée de n8n absorbe plus de déclenchements que celui de Make.

Cette comparaison porte sur des volumes. Elle ne convertit aucune devise : n8n publie ses prix en euros (20 € par mois pour le Starter, facturés à l’année), Make les publie en dollars (12 $ par mois pour le Core). Les deux éditeurs accordent une remise à l’année, 17 % chez n8n et environ 15 % chez Make.

Les plans supérieurs suivent la même logique. n8n Pro monte à 10 000 exécutions pour 50 € par mois facturés à l’année. Chez Make, les plans Pro (21 $ par mois) et Teams (38 $ par mois) affichent les mêmes 10 000 crédits que le Core : leur supplément porte sur les fonctions d’équipe, à volume identique.

Le même scénario, deux factures

Illustration : une conciergerie de 40 logements. Son scénario « nouvelle réservation » compte 12 étapes. Il lit la réservation chez le channel manager, vérifie le logement, crée la ligne dans le tableur de suivi, crée la tâche de ménage, l’assigne, prépare le message de bienvenue, l’envoie, archive la pièce jointe, et ainsi de suite. Il se déclenche 1 800 fois par mois.

Chez n8n, cela fait 1 800 exécutions, dans les 2 500 du plan Starter. Chez Make, cela fait 12 × 1 800 = 21 600 crédits, plus du double des 10 000 crédits du plan Core.

Illustration : 12 étapes, 1 800 déclenchements par mois21 600 crédits

Make : 12 × 1 800 = 21 600 crédits, plus du double des 10 000 du plan Core. n8n : 1 800 exécutions, dans les 2 500 du plan Starter. Exemple chiffré, aucun client réel.

Le cas inverse

Illustration encore : un scénario de 2 étapes reçoit un message et le pousse dans un canal d’équipe. Il se déclenche 4 000 fois par mois. Chez Make, cela fait 8 000 crédits, dans les 10 000 du plan Core. Chez n8n, cela fait 4 000 exécutions, au-dessus des 2 500 du Starter.

Les scénarios courts et fréquents coûtent moins cher chez Make. Les scénarios longs coûtent moins cher chez n8n. Une PME en exploite souvent des deux sortes, et le calcul se refait scénario par scénario.

Où vivent vos données

Un scénario brasse des noms, des adresses, des pièces jointes. L’endroit où ces données transitent compte autant que le prix du plan. Sur ses plans hébergés, n8n stocke les données dans l’Union européenne, sur des serveurs situés à Francfort, en Allemagne. Make héberge sur AWS, en Europe ou en Amérique du Nord.

n8n s’installe aussi sur votre propre serveur. L’édition Community est gratuite et publiée sur GitHub, et le plan Business (667 € par mois facturés à l’année, 40 000 exécutions) s’auto-héberge également : l’endroit devient votre décision. Make ne s’auto-héberge pas en dessous du plan Enterprise, qui propose un agent sur site, son « on-prem agent ».

La licence de n8n s’appelle Sustainable Use License, version 1.0. Elle autorise l’usage « for your own internal business purposes or for non-commercial or personal use » : pour vos propres besoins internes d’entreprise, ou pour un usage non commercial ou personnel. Une entreprise peut donc héberger n8n pour elle-même. La même licence interdit de redistribuer le logiciel autrement que gratuitement et à des fins non commerciales, ce qui ferme la porte au prestataire qui voudrait le revendre comme service hébergé.

L’étape IA fait bouger le compteur

Jusqu’ici, une étape vaut un crédit. Une étape d’IA change cette règle. Make décrit une consommation dynamique : « With dynamic credit usage, modules consume a different number of credits per run based on actual usage rather than a fixed rate. The most common factor affecting credit usage is token consumption. » Pour son propre fournisseur d’IA, « credits vary based on the input and output tokens consumed and the model selected » : le nombre de crédits varie selon les jetons consommés en entrée et en sortie, et selon le modèle choisi. Le temps de traitement entre aussi dans le calcul.

Le compteur devient donc imprévisible exactement là où se trouve l’IA. Un document plus long, un modèle plus puissant, une réponse plus bavarde, et la même étape coûte davantage de crédits. Pour budgéter, mesurez sur vos propres documents. Le coût d’un assistant IA branché sur un logiciel métier se calcule de la même façon : on mesure avant d’engager.

Chez n8n, un passage reste un passage, quel que soit le nombre d’appels au modèle à l’intérieur. Vous payez le fournisseur du modèle directement, avec votre propre clé. La facture d’IA se lit alors chez ce fournisseur, à côté de l’abonnement n8n.

Une limite à connaître sur le plan Free de Make

Le plan Free de Make (0 $, 1 000 crédits par mois, 2 scénarios actifs au maximum) fixe 5 minutes de durée d’exécution maximum par scénario et 15 minutes d’intervalle minimum entre deux déclenchements. Une étape d’IA qui travaille sur un document un peu long dépasse vite ces 5 minutes, donc testez avec une pièce réelle. Source : pages de prix et d’aide de Make, relevées le 5 octobre 2026.

Ce qui casse un dimanche

Le vrai coût arrive après la mise en ligne. Un jour, le scénario tombe, et trois questions arrivent ensemble. Qui est prévenu ? Qui le répare ? Qui paie quand l’éditeur du logiciel métier change son API ?

La panne la plus chère reste la panne silencieuse. Le connecteur répond que tout va bien, le scénario affiche une exécution réussie, et plus rien ne remonte dans le tableur. Personne ne s’en aperçoit avant lundi, quand le premier client appelle. J’ai rencontré ce cas avec les deux outils, et une API qui répond que tout va bien pendant que rien ne remonte coûte plus cher que la panne franche.

Avant de livrer, je demande donc trois choses. Une alerte qui arrive chez une personne nommée dès qu’une exécution échoue. Un contrôle qui compare le résultat attendu au résultat réel, par exemple le nombre de réservations reçues contre le nombre de tâches créées. Une réponse écrite à la question « qui répare, et sous quel délai ». La maintenance figure parmi les postes de coût d’un projet IA, au même titre que la construction.

Quand ni l’un ni l’autre ne suffit

n8n et Make relient des logiciels entre eux et déroulent des étapes décidées à l’avance. Quand la logique se ramifie beaucoup, le scénario devient illisible à l’écran et chaque modification fait peur.

Deux autres signaux comptent. Le premier : votre logiciel métier n’a pas de connecteur, et tout passe par des appels HTTP bricolés qu’il faut surveiller un par un. Le second : le besoin demande une IA qui agit, qui choisit l’outil et la suite. Un agent IA décide de sa prochaine étape, là où un scénario exécute les étapes que vous lui avez données. Dans ces deux cas, on sort de l’outil visuel et on écrit du code.

Cinq questions suffisent à trancher avant de signer un abonnement :

  1. Combien d’étapes compte chaque scénario, et combien de fois par mois se déclenche-t-il ?
  2. Où doivent vivre les données : chez l’éditeur, en Europe, ou sur votre propre serveur ?
  3. Y a-t-il une étape d’IA, et savez-vous ce qu’elle consomme sur un cas réel ?
  4. Qui reçoit l’alerte quand le scénario tombe, et qui le répare ?
  5. Votre logiciel métier a-t-il un connecteur, ou faudra-t-il passer par des appels HTTP ?

Si la question porte encore sur ce qu’il faut automatiser en premier, la grille pour savoir par où commencer vous donne un ordre de priorité en quelques minutes.

Questions fréquentes

n8n est-il vraiment gratuit ?
L’édition Community de n8n est gratuite et publiée sur GitHub, mais vous l’hébergez vous-même : le serveur reste à votre charge. La Sustainable Use License version 1.0 autorise l’usage pour vos besoins internes d’entreprise. Les plans hébergés par l’éditeur commencent à 20 € par mois facturés à l’année, pour 2 500 exécutions (page de prix de n8n, relevée le 5 octobre 2026).
n8n ou Make : lequel coûte le moins cher ?
Cela dépend du nombre d’étapes par scénario. n8n compte une exécution par passage complet, Make compte un crédit par étape. Le plan d’entrée de n8n tient jusqu’à 2 500 déclenchements, le plafond de Make vaut 10 000 crédits divisés par le nombre d’étapes. La bascule se situe à quatre étapes : en dessous, Make absorbe plus de déclenchements, au-dessus, n8n (pages de prix relevées le 5 octobre 2026).
Peut-on héberger Make sur ses propres serveurs ?
Make ne s’auto-héberge pas en dessous du plan Enterprise, qui propose un agent sur site, son « on-prem agent ». Sur les autres plans, Make héberge sur AWS, en Europe ou en Amérique du Nord. n8n s’auto-héberge dès son édition Community gratuite, et son plan Business s’installe aussi sur vos serveurs.

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